Juin 1962, retour d'Algérie 1
Novembre 2015, Mme la Commissaire
Juin 1962, retour d'Algérie 2
Gabaret 1913
Dec 2015 Mariage Zulika-Samuel
2008_Le_jour_ou_je_me_suis_transformée_en_vampire
1987_Championnat_de_monde_de_slalom_spécial
1984 Chez maman
1978, Notre arrivée en France
1974_Clichy_sous_bois_inauguration_d'une_école
1964, Les vacances à Hawaï de Jamal
1953_Gare_de_Clichy_Montfermeil_mon_départ_en_Allemagne
1912 Montfermeil la famille du meunier
1904 La chatelaine de Montfermeil

« MEMENTO (Je me souviens) »

 

« MEMENTO (Je me souviens) » naît d’une émission de radio où un expert évoque la capacité du cerveau à intégrer comme réels des faits qui ne le sont pas, ajoutant que l’image est le meilleur média pour fixer la mémoire. Pour moi, c’est le déclic. Développé pour une résidence d’artiste de 4 mois sur les villes de Montfermeil et Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ce projet photo-mémoriel crée une iconographie factice, des images réelles pour des souvenirs faux mais devenus plausibles.

De septembre à décembre 2015, j’échange avec les habitants au cours d’ateliers organisés au sein de différentes associations : foyers pour jeunes, centres de loisirs, accueil des travailleurs immigrés. Je leur propose d’imaginer des souvenirs à fabriquer ensemble. Ensuite, trouver les lieux, les décors, les costumes, et laisser la réalité se construire devant et derrière l’objectif. Il peut s’agir de mettre en scène un événement fictif, ou de recréer un moment réel pour lequel les personnes concernées n’ont pas de traces photographiques. Les participants se métamorphosent devant l’objectif, incarnant les souvenirs, les leurs mais aussi ceux des autres… la solennité et l’émotion d’un mariage, le sérieux de la posture d’un élu du peuple ou d’un représentant des forces de l’ordre, la gravité de soldats rentrant du front, et le naturel complice d’une famille composée pour l’occasion de personnes n’ayant entre elles aucun lien de langue, de culture ou d’origine.

Pour cette série sur les faux souvenirs, j’ai dû quitter l’habitude du cliché parfait afin de créer des fausses photos ordinaires : la fausse photo de famille avec son cadrage approximatif, la fausse photo de presse et son côté ‘‘plat’’, respecter les stéréotypes de certains moments comme les photos de mariage. Bref j’ai dû abandonner la recherche des meilleurs réglages pour réussir à produire du faux banal.